Le salon aéronautique britannique de Farnborough, qui se tient en alternance avec le salon du Bourget tous les deux ans, ne devrait pas être extraordinaire en termes de commandes. Et malgré le passage du baril de pétrole à 150 dollars ce week-end (proche de 145 dollars ce matin), les avionneurs se sont montrés relativement optimistes.
Relativement, car ils comptent bien profiter des modernisations de flottes rendues obligatoires pour les compagnies aériennes qui ont de plus en plus besoin d’avions plus silencieux et surtout moins consommateurs de carburant.
Or, le temps presse pour des constructeurs comme Boeing et Airbus qui n’ont prévu le remplacement de leurs célèbres appareils B737 et A320 qu’à l’horizon 2020.
General Electric (GE) et Safran ont donc profité du salon anglais afin d’annoncer leur souhait de construire les moteurs d’avion de demain, en particulier la nouvelle génération de moyen-courriers.
Ces deux sociétés, qui étaient déjà partenaires dans la fabrication du CFM56 qui équipe la totalité des B737 et de nombreux A320, ont donc annoncé lors du salon que leur partenariat, signé en 1974 dans une entreprise commune détenue à part égale, était renouvelé jusqu’en 2040.
Des commandes intactes
Le défi est de taille pour les constructeurs d’avions qui doivent impérativement se positionner pour rafler les futures commandes que vont passer des compagnies aériennes de plus en plus soumises aux pressions sur le prix du pétrole.
D’ailleurs, pour le président de la division aviation commerciale de Boeing, Scott Carson, il faut tout faire pour aider les transporteurs à financer ces nécessaires modernisations.
Pour son groupe, ce sont en premier lieu les compagnies aériennes américaines qui souffrent, mais, a-t-il indiqué, les commandes se maintiennent et arrivent de toutes les régions du monde.
Le constructeur américain n’aurait donc pas jusqu’ici eu à déplorer la moindre annulation, au pire des reports de livraison.
En face, chez Airbus, on maintient également son carnet de commandes, tout en assurant de regarder de près certains transporteurs américains et indiens.
Fort de 3 600 appareils en commande actuellement, Boeing estime qu'il y en aura 29 400 d'ici à 2027. Un chiffre revu à la baisse d'environ un millier d'unités par rapport aux estimations données au salon du Bourget l'année dernière.
Seules les compagnies du Golfe ont passé commande dès le premier jour du salon, pour 50 B737-800 destinés à FlyDubai ; 35 B787, 10 B777, 10 A380, 20 A320 et 25 A350, soit une centaine d'unités pour Etihad. Et une nouvelle commande de Qatar Airways devrait tomber dans les prochains jours.
Pour l’heure, la compagnie allemande Lufthansa a été la seule du Vieux continent à prendre position, notamment avec l'avion moyen courrier Cseries de Bombardier qui entrera en concurrence avec la famille A320 d'Airbus et le Boeing 737, dès 2013. La compagnie a signé pour une trentaine d'exemplaires et a pris des options sur 30 autres.
C.S.