Une prévision qui retentit comme une sonnette d’alarme pour les pays consommateurs : selon l’Opep, le prix du baril de pétrole devrait atteindre 150 à 170 dollars «durant cet été». C’est le président du cartel, Chakib Khelil, qui a livré ce pronostic au micro de France 24, en justifiant ces chiffres par une possible hausse des taux de la BCE.
«Cela va peut-être décliner un peu avant la fin de l’année», tempère celui-ci. «Comme vous le savez, le pétrole et surtout le prix du pétrole est fonction des problèmes économiques qui se posent aux Etats-Unis, de la dévaluation du dollar et d’un peu tout ce qui se passe sur le plan de la politique monétaire», précise M. Khelil.
Ces derniers jours, le baril de brut s’échange autour de 135 dollars, légèrement en dessous de son plus haut historique, enregistré juste en-dessous du seuil de 140 dollars. Un prix très haut, qui handicape l’économie des pays consommateurs, notamment dans certaines branches de l’industrie, comme le secteur aérien ou l’automobile.
M. Khelil a en revanche écarté l’hypothèse d’une flambée du baril jusqu’à 200 dollars, excepté en cas de crise grave sur les marchés pétroliers. Un arrêt de production en Iran, par exemple, pourrait motiver une telle envolée. «Personne ne peut dire» jusqu’où le prix du baril monterait alors, déclare le patron de l’Opep, évoquant un chiffre de «300 ou 400 dollars» comme possible.
Des déclarations qui inquiètent sérieusement les marchés : suite à ces propos, et à un nouveau glissement du dollar, le baril de ‘light sweet crude’ américain pour livraison en août s’échangeait à 138,45 dollars dans l’après-midi, en nette hausse par rapport à son cours de clôture de la veille.
Hier, les cours avaient connu une accalmie après une reconstitution inattendue des stocks de brut américains.
Antoine Pietri