Mardi les services de l’équipement du ministère de l’écologie rendaient public les statistiques trimestrielles du secteur immobilier.
Les nouvelles n’étaient pas bonnes : ainsi les ventes de logements ont chuté de près de 28% en France au premier trimestre (26 700 logements soit une chute de 27,9% contre une hausse de 12,9% sur les trois premiers mois de 2007). Sur les douze derniers mois, la baisse est moins franche, de 10,3% soit un peu plus de 117 000 logements vendus.
Problème de la demande
Le leader du courtage en crédits immobiliers sur Internet explique cette baisse «spectaculaire» des ventes de logements neufs sur les trois premiers mois de l’année par un problème de demande.
La baisse de la demande s’explique par trois facteurs, dont le plus important est la baisse de la confiance des ménages. A cet égard, l’immobilier a subi de plein fouet le refroidissement de l’ardeur des Français avec une confiance des ménages qui a atteint au mois de mai son plus bas niveau depuis 1987 avec un solde négatif de -41.
Cette déprime des Français se répercute très sensiblement sur la consommation en recul de 0,8% au mois d’avril et sur le premier trimestre. Et la situation ne devrait pas aller en s’améliorant.
Or, «la détérioration de la confiance des ménages constitue le premier facteur d’explication de l’évolution du marché immobilier» à la baisse avec une «baisse du nombre de transactions qui se répercute ensuite mécaniquement sur le niveau des prix de l’immobilier».
Deuxième explication : la hausse des taux d’intérêt des prêts immobiliers, qui entraîne une augmentation des mensualités de 12 % pour un prêt à 25 ans et qui exerce un effet dissuasif. En conséquence et c’est la troisième cause, les ménages subissent le durcissement de l’accès au crédit des banques. Ceci concerne directement «15 % environ des acheteurs potentiels», d’après Meilleurtaux, particulièrement les jeunes et les ménages aux revenus modestes et participe à la contraction du marché.
Cette baisse spectaculaire fait suite à une hausse des prix «historiquement sans équivalent entre 1998 et 2007», nuance Meilleurtaux. Enfin, la France apparaît mieux armée que ses voisins avec des «facteurs de résistance solides», soit l’absence d’ «excédent significatif» de l’offre sur la demande comme aux Etats-Unis ainsi que de défaut de paiement des particuliers.
C’est pourquoi Meilleurtaux envisage un scénario de baisse «plus modérée» des marchés immobiliers.
«Atterrissage en douceur» du secteur de la construction
Le secteur de la construction est touché. Le stock de logements à vendre se situe à un niveau record de 105 600 à la fin mars, «chiffre qui n'avait jamais été atteint», a souligné le ministère.
Cet affaissement de la demande entraîne un ralentissement du secteur de la construction, dont le rythme de croissance devrait être inférieur à celui du PIB, d’après le ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire.
Il devrait être compris entre +1,2% et +2,1% avec 17 000 à 28 000 emplois créés (+1,1% à +1,7%), selon les hypothèses basses et hautes établies par la direction des affaires économiques et internationales (DAEI) du ministère. D’ores et déjà, les mises en chantier chutent (-18% sur les trois mois à fin avril, -0,7% sur un an).
Autrement dit cette année «le BTP ne tirera plus la croissance, il sera dans la croissance», a expliqué Dominique Bureau, directeur de la DAEI, lors d'une présentation au ministère. Mais la situation n’est pas catastrophique puisqu’il devrait s’agir d’un «atterrissage en douceur» avec une prévision moyenne de 1,7% contre +3,2% en 2007.
Laure Gaillard