France, Allemagne, Espagne et Grande-Bretagne : quatre pays européens ont dévoilé hier leur intention d’aider Airbus financièrement dans le cadre du développement de son A350. La filiale d’EADS pourrait ainsi se voir octroyer des avances remboursables.
Accord de principe
«Nous avons déclaré que nous sommes, en principe, prêts à le faire, mais nous n’avons pas fixé de somme», déclarait hier soir Peter Hintze, le secrétaire d’Etat allemand aux Transports.
Condition indispensable à ce coup de pouce : les gouvernements en question exigent qu’une partie significative des travaux de recherche, de développement et de production demeurent en Europe.
Respect des différentes législations
«Il faut que ce soutien soit compatible avec les règles de l’OMC et celles de l’union européenne», précise en outre M. Hintze. La question des aides publiques à l’A350 reste cependant un sujet épineux : en 2005, une plainte déposée par les Etats-Unis devant l’OMC contre les aides publiques à Airbus avait bloqué les manœuvres européennes en ce sens.
Le timing choisi par les gouvernements européens pour relancer la question des aides publiques n’est pas le fruit du hasard : l’entrée du programme A350 dans sa phase industrielle début 2009 devrait nécessiter de lourds investissements.
Coup de pouce de Washington à Boeing
Louis Gallois, le patron d’EADS, déplorait récemment le fait que Boeing ait reçu des aides conséquentes en provenance du gouvernement américain.
«Boeing a reçu 800 millions de dollars de subventions du gouvernement américain en 2006 pour ses activités de recherche et technologie, selon des informations de l’Union européenne», affirmait le dirigeant dans la presse allemande.
«Nous avons dû nous contenter de 60 millions d’euros (94 millions de dollars environ) reçus des gouvernements européens», déplore M. Gallois.
Des accusations réfutées en début de semaine par Boeing.
Antoine Pietri