A deux semaines de leurs résultats prévus les 13, 14 et 15 mai, les bancaires ont le sourire à la lecture de la note publiée ce main par la banque américaine Lehman Brothers.
Elle commence par ces mots : «Nous pensons que les banques françaises continuent de profiter de perspectives favorables» à la différence de leurs homologues européennes et américaines.
«Perspectives favorables» mais prudence
La bonne santé relative dont jouissent les banques hexagonales repose sur un marché domestique qualifié de «résilient», sur une diversification de leurs activités et sur une structure de capital «solide» en tout cas plus solide que celle de certaines banques américaines. A une exception près : Crédit Agricole.
Ces meilleures conditions internes et externes ont permis aux banques françaises d’afficher des performances supérieures au marché ces dernières semaines, d’après Lehman Brothers.
Pour autant, elles ne peuvent se soustraire à leur exposition au marché des subprimes américain et la banque américaine estime dans sa note que «les résultats du premier trimestre 2008 vont faire apparaître de nouvelles dépréciations» de 2,3 milliards d’euros. Le bilan sera cependant également positif avec le «succès de leur expansion internationale».
Pour autant, l’établissement bancaire se montre prudent et abaisse ses prévisions de bénéfices de 4 à 8% pour les banques françaises à quelque deux semaines de leurs résultats.
Les bancaires dans un mouchoir de poche en bourse
BNP Paribas, qualifié de banque «la plus solide» par Citigroup et la mieux placée pour Lehman Brothers, subit néanmoins un «petit» abaissement de l'objectif de cours de la part de l’établissement (-1%, à 94 euros). L’action reste cependant largement dans le vert, à 72 euros (+4,02%).
Société Générale est également en forte hausse même si Lehman Brothers a revu à la baisse son objectif de cours (-4%, à 88 euros). Pour JPMorgan, Société Générale sera la plus touchée avec 2 milliards d’euros de dépréciations. Elle est tout de même en forte hausse de 4,42%, à 78,48 euros.
Quant à Crédit Agricole, le groupe est attendu au tournant par Lehman Brothers qui juge que le capital de base de la banque est «serré». De même, Crédit Suisse estime que l’essentiel (75%) des 2,8 milliards d’euros de dépréciations supplémentaires seront concentrés dans les comptes de Crédit agricole et Natixis. Cela n’empêche pas le premier d’être en forte hausse de 4,76%, à 22,68 euros et la seconde d’être à un niveau élevé à 11,27 euros (+4,26%).
Laure Gaillard