Le cabinet de conseil des entreprises Boston Consulting Group (BCG) a remis un rapport sur le classement international des banques en termes de capitalisation à l’instar de celui réalisé par Brand Finance.
Allemagne : une tendance positive mais insuffisante
Le classement n’est pas particulièrement flatteur pour les banques allemandes et pour la première d’entre elles, Deutsche Bank, qui n’a conquis qu’une place en un an, passant de la 23ème place mondiale à la 22ème, d’après BCG.
Les autres grosses banques allemandes comme la Commerzbank, Postbank ou la Hypo Real Estate font encore moins bien puisqu’elles ne figurent pas dans le Top 30 des plus grandes banques au monde.
Plus inquiétant : elles sont opéables, d’après un analyste du cabinet pour qui «il est plus facile pour les autres acteurs de jouer un rôle actif par un mouvement de consolidation».
Ce classement est le symptôme plutôt que la cause d’un mal allemand, celui du morcellement du milieu bancaire dramatiquement révélé par la crise des subprimes. Certes, les banques ont accompli des «améliorations considérables», d’après Gerold Grasshoff de CBG en ce qui concerne les rendements, la progression en bourse et donc les dividendes entre 2003 et 2007, mais le monde bancaire allemand reste éclaté.
La crise des subprimes et la crise financière ravagent les banques régionales mais aussi les grandes banques comme la Deutsche Bank, qui a perdu un bon quart de sa valeur en bourse depuis un an et a annoncé il y a quelques jours de nouvelles dépréciations de l’ordre de 2,5 milliards d’euros. La Commerzbank épargnée en 2008 a tout de même perdu 45% de sa capitalisation et la Postbank fait figure de privilégiée avec une perte de 7% mais cette moindre dégringolade a une seule explication : les rumeurs de fusion qui attisent le feu de l’action.
Les gagnants de cette crise sont les établissements bancaires chinois ou russes mais surtout chinois, puisque ICBC, China Construction Bank et Bank of China comptent parmi les cinq premiers mondiaux du classement. Un seul commentaire : «C’est une toute nouvelle ligue», d’après Gerold Grasshoff, une ligue qui inquiète à l’instar des fonds souverains, montés au capital de banques occidentales comme UBS et Citigroup.
Laure Gaillard