1,9% de croissance du PIB pour 2007 soit une croissance hors des clous de la fourchette gouvernementale fixée entre 2 et 2,5% par le gouvernement au moment de la préparation du budget de l’Etat.
0,35% au 4ème trimestre : le début du ralentissement ?
La ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, Christine Lagarde, ne qualifie pas ce chiffre estimant sûrement qu’il n’est pas très éloigné de la fourchette basse de 2%. Autre raison : les interrogations se portent désormais et de plus en plus sur la croissance à espérer pour 2008.
Et à cet égard les données publiées ces dernières semaines par les Douanes, le FMI, l’OCDE et aujourd’hui par l’INSEE, ne sont pas réjouissantes : déficit commercial record de près de 40 milliards d’euros (fourchette haute du gouvernement), moral des ménages au plus bas, inflation galopante dans la zone euro, et aujourd’hui une croissance du PIB français de 0,35% au 4ème trimestre 2007.
La France serait-elle déjà entrée en crise à l’instar des Etats-Unis ? Certainement pas d’après Christine Lagarde qui affirmait encore il y a quelques jours que la croissance française s’établirait bel et bien «autour de 2%» en 2008. Car la déception au quatrième trimestre s’explique d’après elle par un mouvement de déstockage des entreprises, qui est «par nature transitoire» et qui a pesé sur la croissance à hauteur de -0,4%.
Christine Lagarde préfère insister sur les motifs de satisfaction et d’avenir que sont une demande intérieure ferme (+0,5%) et des investissements d'entreprises toujours dynamiques (+1,0%) ce qui prouve qu’il n’y a pas de crise d’activité en France contrairement aux Etats-Unis.
Méthode Coué ? Chrsitine Lagarde se veut volontariste et entend poursuivre en 2008 son action «en faveur du pouvoir d’achat et de la compétitivité des entreprises». C'est-à-dire attendre les effets du plan sur le pouvoir d'achat adopté en septembre et qui doit permettre via les heures sup' de soutenir l'activité des entreprises et de faire gonfler le portefeuille des Français.
En comparaison la moyenne de la croissance dans la zone euro a été bien supérieure à celle de la France (2,3%) mais elle devrait passer bien en-dessous de la barre des 2% en 2008 et s’élever à 1,6% d’après le FMI. La France sera-t-elle l'exception européenne avec une croissance supérieure à celle de la zone euro ?
Laure Gaillard