Les résistances sont grandes à ce que Porsche devienne plus qu’un actionnaire au sein de VW. En témoignent les précautions et les dénégations des directeurs de Porsche et de Volkswagen sur la constitution à terme d’une seule et unique entreprise.
Mais ces «sorties» répétées des deux dirigeants qui sont sur la même longueur d’ondes n’ont pas suffi à faire taire les rumeurs devant ce que beaucoup considèrent comme inéluctable depuis que Porsche est devenue une société européenne, à savoir la création d’un groupe Porsche-VW.
La fusion de VW et de Porsche dans la logique des choses
Si le principe de la fusion n’est pas officiel, il s’impose de plus en plus comme une évidence et comme une suite logique à la montée en puissance depuis deux ans du constructeur d’automobile le plus rentable d’Allemagne dans un des fleurons de l’industrie allemand, le «poids lourd» Volkswagen.
L’entrée de la maison Porsche, propriété de Piëch et de la famille Porsche, a commencé par l’achat d’actions VW et s’est poursuivie par une montée à 27,4% du capital. Porsche possède désormais 31% du capital, n'exclut pas de porter sa participation à plus de 50% du capital, a investi à ce jour quelque 5 milliards d’euros.
L’intérêt de Porsche pour son homologue dépasse le seul placement financier et ressemble à une volonté d’unir les destinées de ces deux champions nationaux. L’idée d’une fusion est apparue et s'est renforcée depuis que Porsche est devenue une société de droit européen, ce qui a été interprété comme un préalable à une fusion avec VW. Par ailleurs, les deux dirigeants sont sur la même longueur d'ondes et approuvent tout deux le principe de la fusion.
Les interrogations portent donc plutôt sur les conditions de la fusion. En effet, la question de la répresentation au sein du conseil de surveillance de la future entité interpelle les syndicats.
En attendant la fusion, VW se fait belle pour Porsche
Le PDG de VW depuis un an, Martin Winterkorn, nourrit de grandes ambitions pour les années à venir. La plus grande de toutes, même, puisqu’il s’agit de devenir le numéro un mondial devant Toyota. Des ambitions démesurées ? Pas pour le chef de VW, fort des résultats record de l’entreprise en cette année 2007 et qui entend faire encore mieux dans le cadre de son plan décennal 2008-2018 baptisé « Mach 18 ». Il compte lancer de nouveaux modèles et quasi doubler les ventes de voitures VW de quelques 3,5 millions d’unités aujourd’hui à 6,6 millions.
Il entend également améliorer la productivité de sa grosse entreprise sur le modèle de la petite structure Porsche et faire passer le taux de rendement du capital de 5,3% à 21% à l’horizon 2018. Des objectifs ambitieux qui peuvent s'interpréter comme un gage de plus adressé à Porsche.
Les deux groupes font le bonheur des investisseurs et progressent toutes deux aujourd'hui. Porsche, valeur sûre de la bourse depuis plusieurs années, prend 1,89% à 1412 euros. VW progresse également mais plus modérément de 0,33% à 156,62 euros.
Laure Gaillard