La France fait décidément pâle figure auprès de l’Allemagne en ce qui concerne le commerce extérieur.
L’année 2007 représente une nouvelle année de records d’exportations pour l’Allemagne, qui devient pour la cinquième année consécutive la championne du monde des exportations, d’après les chiffres de la fédération du commerce extérieur allemand, la BGA, dirigée par Anton Börner. Cette autocongratulation rejoint les données de l’OMC et de la direction générale du commerce extérieur allemand Bfai.
L’incertitude pèse fortement sur les perspectives pour 2008
Qu’en sera-t-il en 2008 ? La puissante fédération du commerce extérieur allemand prévoit une année difficile et notamment un tête-à-tête serré avec la Chine, grand exportateur de produits bon marché. Malgré cela, la BGA reste confiante et prévoit d’inscrire un nouveau record en 2008, celui de ventes à l’étranger supérieures à 1 000 milliards d’euros.
Des objectifs ambitieux pour la BGA qui insiste sur les facteurs d’incertitude. Le premier motif d’inquiétudes, mais pas le plus important pour Anton Börner, est l’appréciation de l’euro par rapport au dollar de près de 12% cette année, qui pèse de plus en plus sur la compétitivité des produits «made in Germany».
Deuxième ombre au tableau plus inquiétante selon lui est la conjoncture mondiale qui pourrait faire chuter les exportations de l'Allemagne. En effet «si la conjoncture mondiale devait se ralentir plus fortement sous le coup de la diffusion de la crise financière américaine, nous attendrions une croissance des exportations nettement plus faible en 2008». Il est à même de chiffrer cette baisse du volume des exportations de l’ordre de 5%, d’après lui.
Des craintes confirmées par les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI) qui table sur une croissance mondiale de 5,2% en 2007 et de 4,8% en 2008 en baisse par rapport aux 5,4% enregistrés en 2006. Les foyers de croissance seront davantage situés en 2008 dans les pays asiatiques particulièrement en Chine et en Inde tandis que les Etats-Unis et la zone euro devraient être pénalisés par les turbulences actuelles sur les marchés financiers et une nouvelle hausse des cours du pétrole.
Dans cette perspective le commerce extérieur allemand sera surtout tiré par les marchés dynamiques d’Europe de l’Est et avant tout de la Russie tandis que les exportations vers le continent nord-américain devraient baisser. Enfin, Anton Börner compte sur les politiques pour favoriser toujours plus les investissements étrangers en Allemagne.
Laure Gaillard